9 / 06 / 2020

9 juin 2020
Aujourd’hui j’ai 25 et demi. Pile. Et je suis seule.
Si je me met à la place de la petite fille que j’étais, à 25 et demi, j’aurais du être en couple. Avec presque un bébé programmé. Le constat est là : rien de tout ça.
À 25 ans, je suis seule. Je suis entourée mais seule. Mes amies sont en couple et moi non.
Pourquoi ? Mauvaises rencontres, mauvais moment.
J’ai été brisée par le passé, je me suis reconstruite et je ne veux plus faire les mêmes erreurs, alors je reste seule. Personne ne peut me faire de mal comme ça. Je souffre mais c’est par ma faute.
À 25 ans, pour mes grands parents, je devrais être marier et avoir des enfants. « à ton age, j’étais marié avec 2/3 enfants » qu’ils me disent. Une autre génération.
À 25 ans, mes proches se demandent pourquoi je suis seule. Ils me le demandent. Ils me voient souffrir mais je les regardent en souriant et en disant « il vaux mieux être seule que mal accompagnée ». Un mantra. Comme si je voulais m’en convaincre. Oui mais.
Mais en étant seule, je m’oublie. Je ne suis la priorité de personne. Je suis celle qu’on oublie. Celle qu’on met de côté. Celle qu’on a du mal à convier parce que « tu vas tenir la chandelle ». Je reste forte. Je ris à ces blagues. Je ris quand on me dit « tu as de ces histoires, une vraie série ». Mais si je pouvais appuyer sur l’accélération et arriver au dernier épisode de la dernière saison, je le ferais. Pour me rassurer. Pour me prouver que quelqu’un va m’aimer à ma juste valeur. Pour me prouver qu’un jour moi aussi je serais la priorité de quelqu’un. Que quelqu’un me donnera autant que je donne. Que je le mérite.
Je suis seule. Et face à moi même chaque jour je me demande comment je vais faire. Pour me lever ou me relever. Parce que oui, si je ne vais pas bien, je suis seule.
Parce que je ne veux pas embêter avec mes problèmes de solitude, parce que ce sont de si futiles ennuis. Que ce sont les mêmes choses. Alors je reste seule. Je pleure, je crie, je me maudis. Mais je me reprends, je sèche mes larmes et je me relève. La tête haute. En me disant « stop, ça suffit maintenant ». Je me promet de tout faire pour être heureuse et je le fais. Je deviens ma propre priorité. Je deviens un peu égoïste. C’est dur.
On ne se rend pas compte à quel point nous sommes tributaires des autres. Mais quand ceux ci ont tous une priorité qui est différente, on le vois, on le vis. Seule, face à soi même.
Alors je fais mes propres plans. Mais oui, j’en souffre. Moi aussi je voudrais voyager à deux, moi aussi je voudrais passer une soirée à deux, moi aussi je voudrais pouvoir me blottir dans les bras de quelqu’un quand je suis triste. Moi aussi.
Alors à tout ces gens qui oublient, à tout ces gens qui sont seuls, à tout ces gens qui sont en couple, à vous tous, s’il vous plaît, pensez aux autres. Pensez à ceux qui s’endorment seul le soir, à ceux qui ne l’ont pas choisi.